_ Resurgam
_
(I
will rise again)
(…) Et ainsi, après chaque cycle de cinq fois cent années, la Bête se réveillera, prenant à chaque fois un visage différent, faisant peser une hideuse menace sur le monde ; et il est dit que l’équilibre de la planète sera rompu, à moins qu’un groupe de guerriers, courageux descendants directs des précédents Elus, ne se manifeste (…)
- Ancienne légende Cetra -
Livre
un, le livre des révélations.
Chapitre I : Le Jour est proche.
1) Au village de
Cosmo :
« - Vénéré Père, tu
m’as appelé ?
- Oui, mon précieux Seto. Le
jour est proche, la Bête va se réveiller.
- Oh, en… en es-tu
sûr ?
- Je redoutais tant ce
moment… mais mon flair le sent, mes pauvres vieux os le sentent… De plus, mon
calendrier le confirme, hé hé hé !
- Que pouvons-nous
faire ? Il faut contrer la menace ! La légende…
- Oui, la prophétie…
"Un groupe de guerriers"… "descendants directs des précédents
Elus"…
- Est-ce que ces
"Elus" seraient…
- Seto, je crois que je vais
enfin pouvoir les rencontrer – les descendants de mes chers amis
disparus ! Mon fils, tu –
- Oui, Père. Je sais quelle
est ma mission… »
2) A Costa del Sol, un mois
plus tard :
« Mesdames et
Messieurs, j’espère que vous avez apprécié votre tour de notre bonne ville de
Costa. N’oubliez pas le guide… Merci… Merci, à bientôt… Oui, Madame…
Certainement, Monsieur, le Grand Hôtel Del Sol est juste au bout de cette rue…
Au revoir… Oh, vraiment ? Je suis enchantée que la visite vous ait plu, et
je me ferai un plaisir de vous faire à nouveau une visite guidée demain
matin ! »
La jeune guide touristique
salua les derniers participants de la visite guidée qu’elle venait d’animer,
attendit qu’ils soient tous descendus, glissa les pourboires qu’elle avait
reçus dans son sac à main, puis descendit à son tour du petit bus décapotable
qui portait en grand la mention : "Strife Tour – visite guidée à
l’ancienne de la ville au soleil éternel !"
Elle envoya le bus rejoindre
seul son garage, puis avec un grand sourire, se dirigea vers sa villa en
centre-ville. Un grand fauve au pelage roux se posta devant elle, sa queue dont
l’extrémité était d’un rouge flamboyant se balançait doucement derrière lui.
« - Mlle Strife ?
demanda le fauve. Mlle Anthea Strife ?
- Euh, oui… Vous désirez une
visite guidée de Costa ? Désolée, la prochaine visite n’aura lieu que
demain à 9h30.
- Non, Miss, ronronna le
fauve (Etait-ce un tigre, un lion, une hyène ? Ou peut-être un mélange des
trois ?). C’est moi qui vais vous inviter à une visite guidée – une visite
du canyon Cosmo… »
3) A Junon, quelques heures
avant cela :
M. Wallace se préparait à affronter le porte-parole des
grévistes de son usine de pièces électroniques. Il essaya plusieurs sourires
devant son miroir : le sourire "PDG autoritaire" (trop autoritaire…),
le sourire "Mes chers employés, je ne suis pas votre boss, mais un être
compréhensif – mes amis !" (mouais, trop… amical, ou
hypocrite ?), le sourire "Je reste courtois, mais vous commencez à me
les briser menues !" (Non ! Ça n’allait pas – mais alors, pas du
tout !). M. Wallace décida finalement de ne pas sourire, car tous ses
sourires étaient crispés et on voyait qu’ils étaient faux – à trois lieues à la
ronde ! Il alla dans le salon et s’assit en maudissant tous les grévistes
du monde.
« - Monsieur Ichabot,
M. Azel est arrivé…, annonça un domestique en entrant dans le salon.
- Mouais… Merci, Alfie…
‘pouvez l’amener ici !
- Bien, Monsieur… »
Le "M. Azel" en
question semblait du même âge qu’Ichabot Wallace : la petite vingtaine.
Grand et mince, il avait le teint légèrement moins basané que celui
d’Ichabot ; ses cheveux châtains et ondulés, longs sur la nuque, étaient
retenus par-devant grâce à un bandana bleu qui lui descendait à demi sur les
sourcils. Il tendit une grosse main de travailleur à Ichabot, qui la serra de
sa fine main aux doigts de pianiste.
« - Soyons clairs et
directs, M. Wallace, annonça d’emblée M. Azel. En tant que porte-parole du
mouvement de grève, je vais vous énumérer nos conditions…
- Asseyez-vous donc, fit
Ichabot de sa voix la plus aimable possible. Voulez-vous un peu de café ?
- Euh, merci… avec
plaisir » répondit son interlocuteur en s’asseyant sur le canapé.
Ichabot s’assit à côté de
lui et lui servit lui-même le café.
« - Un peu de
sucre ? proposa Ichabot, en regrettant que le sucre ne soit pas de
l’arsenic.
- Oui, deux morceaux, s’il
vous plait… Bon, M. Wallace, revenons à nos affaires…
- Vous prendrez bien une de
ces brioches ? Elles sont faites maison, et ma cuisinière fait
d’excellentes pâtisseries ! ("Prends-en une part et étouffe-toi avec,
sale casse-pieds !" pensa Ichabot)
- Non, sans façons, je vous
remercie. Je-je préfèrerais que nous voyions ensemble ce que vous pourriez
faire pour satisfaire nos conditions…
- M. Azel, fit Ichabot, en
découvrant ses dents par une grimace qui ressemblait de loin à un sourire. Si
vous avez une liste de ces conditions, je me ferai une joie de les lire à tête
reposée, ce soir. Ensuite je vous appellerai, et nous pourrons nous mettre
d’accord sur la démarche à suivre…
- Mais… ce serait mieux, si
nous en parlions maintenant…
- Voyez-vous, M. Azel, j’ai
d’immenses responsabilités depuis que mon regretté père est mort, en me léguant
toutes ses industries. Je n’ai pas une minute à moi ! Je comprends que les
employés de mon usine d’électronique aient des revendications – tout à fait
justifiées mais raisonnables, j’en suis sûr – mais je dois jongler avec les
finances, la gestion, la direction, etc., de vingt-trois autres entreprises
dans des domaines aussi variés que l’agro-alimentaire, le textile, l’élevage de
chocobos de course, et le tourisme ! Je vous promets que je ferai tout mon
possible pour satisfaire les demandes de vos collègues et de vous-même, si ces
demandes sont raisonnables…
- Elles sont on ne peut plus
raisonnables ! Nous demandons juste, pour chacun de nous, une augmentation
du salaire de 700 gils par mois, et une heure de congé payé en plus par
semaine. Vous avez augmenté la cadence de production, et vos bénéfices ont
presque doublé depuis l’année dernière grâce à nous – nous demandons ce qui nous
revient de droit !
- Hum, bien sûr, je vois…
- Vous acceptez,
alors ?
- Allez dire à vos collègues
de reprendre le travail. Dès mardi prochain, ils recevront ce à quoi ils ont
droit – ce à quoi vous avez tous droit…
- Oh, merci, M.
Wallace ! Je savais que nous nous entendrions ! déclara M. Azel, en
serrant chaleureusement la main de son employeur.
- Alfred ! »
appela Ichabot, en rendant un sourire crispé au grand sourire amical de M.
Azel.
Le majordome, celui qui
avait justement prévenu Ichabot de l’arrivée de M. Azel, se présenta au salon à
l’appel de son prénom.
« - Oui,
Monsieur ? fit-il en s’inclinant légèrement.
- Raccompagnez donc ce jeune
homme dans le hall d’entrée.
- Certainement…
- Au revoir, M. Wallace,
salua le jeune porte-parole, toujours souriant.
- Au revoir, M. Azel,
répondit Ichabot (en pensant "Bon débarras !") … Oh,
Alfie !
- Oui, Monsieur ?
- Demandez au chauffeur de
préparer la voiture, je sors.
- Si tôt, Monsieur ?
- Mouais… affaire urgente à
régler. » expliqua Ichabot, en marmonnant et en avalant un mot sur deux.
Le vieux majordome
raccompagna l’invité dehors, alla transmettre les ordres au chauffeur, et
songea que son jeune maître, M. Ichabot, avait ce même air sournois qu’il avait
toujours lorsque, étant enfant, il préparait une farce à quelqu’un…
4) A Utai, sur le mont
Da-Chao, trois jours plus tard :
« - Puh, puff !
haleta le jeune homme en courant. Je t’en prie, ma petite fleur d’oranger, vas
moins vite – je n’arrive pas à suivre !
- Cours plus vite,
Kenny ! répondit la jeune fille à qui il s’adressait. Si tu veux que je
t’épouse un jour, tu devras être meilleur que moi à la course – jamais je ne
serai la femme d’un homme faible !
- Oh, tu es (puff,
puff !) si dure avec moi (ouf, argh !), si dure avec moi,
Kaoru !
- Regarde ce merveilleux
paysage, Kenny ! déclara Kaoru, une fois arrivée à l’extrémité de la main
d’une des statues de pierre représentant les divinités protectrices d’Utai.
- Ouf, ouf ! Tout -
tout ce que je veux maintenant, c’est m’asseoir et mourir en paix ! Puff,
puff ! »
Kaoru se retourna vers son
ami, ses yeux se plissèrent en deux petites fentes rieuses, sa bouche forma un
charmant sourire, puis elle se mit à rire.
« - Oh, regardez-moi
cet athlète exceptionnel qui veut me demander ma main ! s’écria t-elle en
riant et en désignant Kenny du doigt.
- C’est ça (puff,
huff !) moque-toi de moi, tourne bien le couteau dans mon cœur
brisé ! déclara t-il d’une manière mélodramatique.
- Pff, tu n’étais pas obligé
de venir jusqu’ici avec moi, hi hi hi !
- Des monstres ont été signalés
sur le Da-Chao récemment, rappela Kenny, qui avait retrouvé son souffle. Je ne
t’aurais laissée y aller seule pour rien au monde !
- Oh ! Pff… Hi hi hi ! Ouh… hi hi hi… Whahaha ! »
Kaoru tomba par terre en
riant à gorge déployée, et en se tenant les côtes. Attitude bien peu féminine…
« - Whahaha !
fit-elle, toujours aussi hilare. Oh, Kenny, tu – Whahaha !
- Humpf ! grommela le
jeune homme en pinçant des lèvres et en détournant sa figure contrariée.
- Ouf ! soupira Kaoru
en se relevant finalement, et en séchant les larmes causées par l’excès de rire
dont elle venait de faire preuve.
- J’vois pas c’ki y’avait de
drôle !?
- Oh, mon valeureux héros,
Kenny-san de mon cœur ! répliqua t-elle d’un ton narquois. Rappelle-moi
qui a dû venir à ton secours, lorsque cette grande sauterelle t’a attaqué,
hier ?
- C’était pas juste une
"grande sauterelle" ! C’était… une énorme bestiole de trois
mètres de haut, avec des faux au bout des pattes, deux horribles yeux globuleux
tout verts, et des mandibules que tous les vampires de la région auraient
enviées !
- Eh bien, si j’ai pu
vaincre cette vision cauchemardesque dont tu viens de me faire la description,
je crois que j’aurais pu me débrouiller toute seule pour l’escalade du Da-Chao,
non ?
- Grumpf, pff… ouais, peut-être… »
Kaoru laissa de côté cette
réponse peu enthousiaste de Kenny, et se pencha au-dessus du vide, visiblement
à la recherche de quelque chose. "Hum, je ne pourrai pas l’atteindre de
cette façon…" pensa t-elle, en apercevant ce pour quoi elle avait escaladé
le mont sculpté du Da-Chao. Elle s’allongea alors à plat ventre, fit passer
tout le haut de son corps dans le vide et commença à se balancer, les bras
tendus en avant.
« - Kaoru, fais
attention ! recommanda Kenny en s’approchant avec anxiété.
- T’inquiète pas, je suis
souple, agile, et… »
…et Kaoru tomba de la
falaise en poussant un cri perçant.
5) Retour à Junon, le même
jour :
Une lettre recommandée était dans la boîte aux lettres lorsque
Chrystal l’ouvrit pour prendre le courrier du jour. Ce jour-là, comme tous les
mardis, le courrier était abondant, car le courrier qui arrivait le mardi
regroupait (à cause du lundi toujours chômé en l’honneur de la Lune) les
lettres qui avaient été envoyées le samedi et le dimanche précédents.
Revenue au salon, Chrystal fit le tri : prospectus, publicités… tiens,
"Un bretzel gratuit pour cinq achetés grâce à ce coupon. RDV à la Maison
de Zell – la Reine du bretzel !"
"Hum", pensa
t-elle, "ça rime !". Puis, le coupon "Un bretzel
gratuit" à la main, elle prononça à voix haute :
« - Voilà qui te
plairait, Chris !
- Quoi donc, Sœurette ?
fit une voix dans la cuisine.
- A la "Maison de
Zell", on a droit à un bretzel gratuit pour cinq achetés !
- Raaah, ne prononce pas ce
mot quand je suis dans les parages – je déteste ces boules de pâte
indigestes ! »
Chrystal rit. Elle avait un
rire délicieux, qui coulait comme une cascade claire et qui chantait comme un
ange céleste (pléonasme indispensable). La jeune fille secouait sa petite tête
à la chevelure ondulée et châtaine en riant.
« - Ne te moque pas de
moi, Chrystie ! grommela la voix, depuis la cuisine.
- Je n’oserais jamais, Ô
frère adoré – hi hi hi ! Tu te rappelles la première fois que tu en as
mangé ? Tu es devenu… – hi hi hi !
- Pff ! Ah, les
filles !
- Hi hi hi ! »
Chrystal continua le tri du
courrier, en essayant de retrouver son sérieux. Elle vit alors la lettre
recommandée, adressée à "M. Christobald Azel", et alla à la cuisine
la donner à son frère, qui était en train de pleurer.
« - Une lettre pour
toi, Chris…
- Ah ? Snif,
snif ! renifla le frère en levant les yeux de l’oignon qu’il était en
train d’éplucher. Tu veux bien me la lire, Sœurette ? Snif, snif, j’ai les
mains occupées…
- Chris, combien de fois
t’ai-je déjà dit ça : épluche les oignons dans une bassine d’eau froide,
et tu n’auras pas les yeux qui pleurent !
- Snif, snif, les oignons
ont moins de goût si je suis ton conseil…
- Les oignons auraient
surtout moins le goût de tes larmes ! plaisanta Chrystal.
- Snif, lis-moi la lettre,
au lieu de dire – snif, snif – des bêtises !
- Ça vient de M. Ichabot
Wallace, ton patron…, remarqua t-elle en ouvrant la lettre.
- Ah ? Snif,
snif – je savais que c’était un homme bien. Je l’ai vu samedi matin, et il a –
snif, snif – promis de satisfaire nos revendications.
- Je – je n’en serais pas
aussi sûre, si j’étais toi…
- Kestu racontes – snif,
snif !
- Tu.. La lettre…
- Ouais ? Keski y’a –
snif, snif ?
- Tu viens d’être licencié
sans préavis, il y a deux chèques avec la –
- QUOI ?!
- … avec la lettre :
ton salaire pour le mois passé, et un chèque de 10 000 gils, pour les
indemnités de licenciement…
- 10 000 gils ?! »
Christobald lâcha son oignon
et se précipita vers sa sœur, son couteau encore à la main. Il lui arracha la
lettre des mains, la lut, la déchira de rage, voulut faire de même avec les
chèques – mais Chrystal l’en empêcha : les deux frère et sœur n’avaient
jamais roulé sur l’or…
« - %$#@ ! jura
Christobald. Ce-ce bâtard ! Ce sale %@$¤ !
- Chris… Oh, qu’est-ce qu’on
va faire ? Nos deux mois de loyer en retard pourront être payés avec les
10 000 gils, mais… après ça ?
- Ça ne se passera pas
ainsi ! cria le jeune homme en agitant son couteau de cuisine sous le nez
de sa sœur.
- Hé, fais gaffe ! Je
ne suis pas un oignon ! protesta t-elle en éloignant le couteau de son
visage.
- Oh, le-le misérable petit
aristo de mes deux ! Il va m’entendre !
- Chris, tu ne peux rien
faire contre lui : toi et la plupart des employés de l’usine, vous êtes
des jeunes sans expérience professionnelle. Estime-toi heureux d’avoir reçu des
indemnités…
- Il devrait me donner cinq
fois plus au moins – la loi est claire !
- Chris, as-tu le temps et
l’argent nécessaires pour te payer un bon avocat et rappeler à M. Wallace ce
que la loi dit à ce propos ?
- Hum… Ne-ne t’inquiète pas,
p’tite sœur… On s’en sortira – on s’en sort toujours, pas vrai ? »
6) Sur les falaises de Gaea,
ce mardi-là aussi :
« - %$#@ ! La semaine
commence bien ! s’exclama l’alpiniste, en essayant désespérément
d’atteindre la corniche de laquelle il venait de glisser.
- Excusez-moi, êtes-vous M.
Zeon Highwind ? »
L’alpiniste tressaillit et
leva les yeux vers la voix qui venait de se faire entendre. Un fauve au pelage
roux-clair se tenait au bord de la corniche.
« - %$#@ !
Mais-mais il parle ! balbutia l’homme, agrippant toujours la paroi abrupte
de ses deux mains gantées.
- Etes-vous M. Zeon
Highwind ? demanda le fauve à nouveau, d’une voix légèrement
contrariée.
- Oh, je veux bien être
n’importe qui – du moment que vous me tirez de ce mauvais pas !
- Besoin d’un coup de
patte ? plaisanta l’animal.
- Oui, oui ! »
Le fauve se tourna, et
laissa pendre sa longue queue au-dessus de l’alpiniste.
« - Accrochez-vous, je
vais vous hisser jusqu’ici !
- Euh, d’accord… »
L’homme s’accrocha à cette
drôle de corde improvisée, et il fut tiré jusque sur la corniche. Il retrouva
le sol enneigé avec une profonde reconnaissance envers la providence pour lui
avoir envoyé l’étrange animal qui venait de le sauver.
« - M-merci, haleta
l’alpiniste. Vous n’avez pas eu trop mal, j’espère ? Je suis un peu lourd…
- Oh, pas de problème – je
suis résistante !
- Hmm, vous êtes une
fille ?
- Oui, mon nom est Luna.
Etes-vous bien Zeon Highwind ?
- Ouais, c’est bien
moi ! répondit Zeon, en frappant fièrement son thorax de son poing ganté.
- Bien, bien, bien… J’ai un
message et une invitation à vous transmettre, alors… »
7) Sur le Da-Chao, au même
moment :
« Kaoru ! »
Kenny s’élança vers le bord
de la falaise, rattrapa son amie par une jambe et la sauva de justesse d’une
chute mortelle.
« - Ouf ! fit Kaoru,
moins par soulagement que parce qu’elle venait de se cogner contre la paroi de
pierre.
- Kaoru, tu es
entière ? Tu as mal quelque part ?
- Non, je crois que ça va…
Oui, je vais bien ! »
La jeune fille ouvrit les
yeux, toujours suspendue à l’envers au-dessus du vide. Une tête de granit lui
souriait d’un air moqueur, là, juste devant elle ! Kaoru repoussa de côté
la collerette de sa robe – collerette qui commençait à remonter (ou à
descendre, ça dépend du point de vue) vers son visage.
« - Kenny, menaça
t-elle, je t’arrache les yeux si tu as regardé sous ma jupe !
- Euh, je-j’ai gardé les
yeux fermés, Kaoru…, assura Kenny, en rougissant.
- C’est bien vrai,
ça ?!
- Bien sûr (gloups !),
Kaoru. Je vais te remonter maintenant…
- Attends, pas tout de
suite…, dit-elle en se balançant pour attraper quelque chose. Je-je l’ai
presque…
- Hé, ne bouge pas autant –
j’ai déjà assez de mal à te tenir !
- Tiens bon, Kenny… j’ai… Ça
y est ! Je l’ai, je l’ai – tu peux me remonter, maintenant !
- Ouf, c’est pas trop
tôt ! soupira Kenny, en tirant Kaoru par les chevilles. Tu pèses une
tonne !
- Koa ?!
Kestadilà ?!
- Euh, tu… tu es légère
comme une plume, mon ange !
- Je préfère ça ! Non
mais ! »
Kaoru venait de regagner la
corniche en forme de main géante, elle arrangea ses vêtements et sa coiffure,
puis elle donna un baiser à Kenny sur la joue.
« - Merci, Ô preux
chevalier ! plaisanta t-elle.
- Ne-ne me dis pas que c’est
pour ça qu’on a risqué nos vies ?! s’écria Kenny, en désignant un
morceau d’étoffe blanche qui se trouvait dans la main de son amie.
- C’est symbolique, Kenny,
lui expliqua t-elle.
- Ce bout de chiffon est
"la preuve de ton courage et seul garant de ton ascension au rang de
disciple du Maître" ?!
- Bah ouais…
- Argh, si j’avais su…,
soupira t-il.
- Tu serais quand même venu
avec moi…, compléta t-elle.
- Ahem, exact…, dut-il
admettre. Si j’avais su, je serais quand même venu. »
Kenny et Kaoru redescendirent du Da-Chao et traversèrent la
ville jusqu’à arriver devant un grand dojo situé près de l’antique Pagode Godo.
« - Maître Isaki, j’ai
réussi le test ! s’écria Kaoru, en entrant dans le dojo et en sautillant
de joie. Je suis une de vos élèves, maintenant ! Regardez, j’ai la preuve
– j’ai pu prendre l’étoffe !
- J’en suis heureux, Kaoru,
répondit calmement le maître d’arts martiaux. Kenny, quelqu’un désire te voir…
- Ah ? Qui
est-ce ? demanda Kaoru avec curiosité.
- Laisse-nous seuls, je te
prie, Kaoru…, soupira Maître Isaki d’un air ennuyé.
- Tu me raconteras tout à
l’heure, hein, Kenny ? fit la jeune fille en sortant.
- Kaoru a de grandes
capacités, remarqua le maître, mais elle beaucoup trop… impulsive ! Bon,
Kenny, suis-moi… Ton visiteur nous attend dans l’arrière-cour. »
Kenny suivit le vieil homme
jusqu’à l’arrière-cour. Le maître fit signe au jeune homme de s’asseoir sur les
marches de l’escalier qui communiquait entre la cour et l’intérieur du dojo.
« - Mon cher enfant,
commença Maître Isaki, lorsque je t’ai recueilli, il y a seize ans maintenant,
je pensais juste que tu étais un bébé (tu n’étais encore qu’un nourrisson) qui
méritait d’avoir une chance de vivre et de grandir comme tous les autres
enfants…
- Et je vous en serai
toujours reconnaissant, Père !
- … je voulais aussi faire
de toi mon successeur, poursuivit le vieil homme, hélas tu es un élève
lamentable !
- Je-je suis désolé, Père.
Je fais pourtant de mon mieux…
- Oh, je ne te fais pas de
reproche ! Tu es un élève lamentable, mais tu es un fils merveilleux.
J’ai… j’ai toujours senti que tu avais quelque chose de spécial. Maintenant, j’en
ai la confirmation.
- Que voulez-vous
dire ?
- Un vieil ami à moi a fait
tout le chemin depuis le village de Cosmo Canyon, pour venir te rencontrer. Et
le voilà… Kenny, je te présente Seto. »
8) A Junon, le
lendemain :
Ichabot fit atterrir son véhicule devant l’immeuble où il avait
rendez-vous. « Je vais revenir dans une heure. » précisa t-il à son
chauffeur, en se dirigeant vers l’entrée de l’immeuble. Le plus gros client de
l’entreprise Wallace ("gros" dans le sens "important,
riche", mais aussi dans le sens "gras") avait fixé rendez-vous
au jeune PDG par messagerie électronique, transférée sur sa montre le
matin-même, et Ichabot n’eut qu’à repousser ses autres réunions de l’après-midi
pour pouvoir rencontrer cet important client. Il frappa à la porte du bureau où le client devait l’attendre.
Quelle mouche avait donc piqué M. Kesey (le fameux "gros client")
pour qu’il lui donne rendez-vous ici ?! D’habitude, ils parlaient affaires
dans des restaurants trois étoiles, dans des palaces où M. Kesey avait
l’habitude de résider, ou à la rigueur, dans le bureau d’Ichabot – mais pas
dans un endroit comme celui-là !?
Comme personne ne venait
ouvrir la porte, Ichabot tourna la poignée, et la porte s’ouvrit.
"Vraiment difficile de trouver du bon personnel de nos jours !"
songea Ichabot, d’humeur contrariée. Il entra dans la pièce et s’assit dans un
fauteuil, en attendant l’arrivée de M. Kesey. Au bout de deux minutes (Ichabot
n’était pas quelqu’un de très patient), il se leva et commença à arpenter la
salle où il se trouvait. Il était en train de se demander pourquoi la pièce
était aussi peu meublée (il n’y avait en tout et pour tout que deux fauteuils,
une table basse et une plante d’intérieur en pot), lorsque la porte d’entrée
s’ouvrit brusquement et qu’un jeune homme entra dans la pièce, tel un ouragan
déchaîné.
« - Vous ?!
s’écria Ichabot en reconnaissant M. Azel.
- Vous ?! s’écria
Christobald en reconnaissant M. Wallace.
- Qu’est-ce que vous faites
ici ?!
- Qu’est-ce que vous
avez fait de Chrystie ?!
- Hein, de quoi
parlez-vous ?
- Si vous avez fait du mal à
ma sœur, sale %$#@, je vous… »
A ce moment précis, la porte
d’entrée (seule porte de sortie aussi) se referma en claquant. Et une étrange
fumée blanche s’échappa de la plante en pot, se répandant bientôt dans toute la
pièce. "Du-du gaz empoisonné !" pensa Ichabot lorsqu’il commença
à se sentir groggy. Il avait la tête qui tournait… Christobald Azel tomba
évanoui à côté de lui, et avant qu’Ichabot n’en fasse de même, il entendit une
voix s’élever : « Désolé, mais vous ne nous avez pas laissé le
choix ! »
*************************
Notes :
Le titre de cette fiction est en latin (avec un sous-titre en
anglais) – juste pour vous embêter un peu ! "Resurgam" a donné
en français, le mot "résurrection" et tous ses dérivés. Donc, le
titre en français serait "Je ressusciterai" – mais je préfère la
traduction vers l’anglais qui signifie "Je me relèverai" (ou "Je
m’élèverai à nouveau") ; car pour ressusciter, il faut déjà mourir,
et il sera plus question d’un "réveil" que d’une
"résurrection" à proprement parler (comme vous avez pu voir d’après
le court prologue, et comme vous pourrez le constater dans les chapitres à
venir).
En ce qui concerne le titre de "Livre des
révélations", c’est une référence à la Bible, et son fameux chapitre sur
l’Apocalypse.
Comme il s’agit ici du premier chapitre seulement, je n’ai pas
grand chose à dire dans ces notes car ce n’est qu’une présentation de la
situation et l’histoire ne se développera que dans les chapitres à venir. De
plus, je n’interviendrai pas beaucoup en dehors du texte même de cette
histoire, car je ne ferai pas beaucoup de références compliquées à l’univers de
FF7 ; d’autant plus que le "monde" (persos, monstres, villages,
etc.) dans lequel l’histoire se déroule sera assez différent et en partie de
mon invention – donc attendez vous à un peu plus de descriptions des
personnages et des paysages que d’habitude (mais elles ne seront pas trop
rébarbatives, j’espère ; car moi-même, je n’aime pas tellement les longues
descriptions – ni les lire, ni les écrire !)
Bref, tout ça pour vous dire qu’il n’y aura pas, comme c’était
le cas dans mes autres fanfics, une page spécifique pour les notes (je doute
même qu’il y ait des notes à chaque chapitre, d’ailleurs) et que c’est tout
pour cette fois-ci !
NB : Les droits
concernant les noms qui se rapportent à Final Fantasy 7 (et autres FF)
appartiennent à Squaresoft. Mais les droits sur l’histoire, les autres noms et
persos du texte sont ma propriété ! Je sais que ça paraît évident mais il
vaut mieux le mentionner noir sur blanc.
J’attends vos commentaires, réactions et suggestions pour cette
histoire à ma nouvelle adresse (chimerae@libertysurf.fr)
avec la mention "Fanfic : Resurgam" en sujet du message.
Le second chapitre s’intitulera : Les Elus (ouais, pas
vraiment original – mais ça fait très "heroic-fantasy",
hein ?!), et j’espère que ce premier chapitre vous aura assez
"appâtés" pour vous donner envie d’en lire davantage !
A+
Ng_